De plus en plus de personnes souhaitent vivre en ville. Cela entraîne une pénurie de logements, en particulier dans le segment à prix abordable. Comment les villes abordent-elles ce défi et quel rôle joue ici l’Union des villes ?
Die Les villes sont de puissants centres économiques et des laboratoires d’innovation. Elles offrent en même temps à leurs habitantes et habitants une grande qualité de vie. Par exemple grâce à de courtes distances, des liaisons de transport fréquentes, une offre culturelle et de loisirs dense ou encore de vastes possibilités de garde d’enfants extra-familiale. Les villes grandissent – c’est un signe de leur succès. En même temps, cela signifie un besoin d’action important dans la construction de logements.
Il faut davantage de logements dans les villes. La forte demande se manifeste aussi par le fait qu’il y a très peu de logements vacants. Il faut donc l’engagement de tous les maîtres d’ouvrage: privés, institutionnels, d’utilité publique ainsi que la ville elle-même.
Dans les villes, il faut des logements pour répondre à des besoins variés: pour les personnes âgées, pour les familles, pour les petits budgets, pour des exigences plus élevées, pour de nouvelles formes d’habitat. Un bon équilibre permet de maintenir la mixité dans les villes. Cette mixité est un facteur central de leur attractivité.
Dans ce contexte, il est particulièrement important de garantir des logements à prix abordable et accessibles à la classe moyenne. La forte demande de logements en ville en fait augmenter les prix. Afin de permettre une offre suffisamment large également dans les segments de prix bas et moyens, les villes utilisent leurs marges de manœuvre.
Pour cela, les villes peuvent appliquer différentes approches: premièrement en favorisant la construction de logements selon le principe du loyer basé sur les coûts et en attribuant des terrains à bâtir à des maîtres d’ouvrage d’utilité publique tels que des coopératives d’habitation. Deuxièmement en intervenant elles-mêmes comme maîtres d’ouvrage par le biais de leur fonds pour la politique foncière et du logement, en créant notamment des logements à prix abordable. Et troisièmement en édictant des prescriptions selon lesquelles, lors de déclassements et de changements d’affectation, une certaine part des logements doit être réalisée selon le principe du loyer basé sur les coûts et/ou dans le segment à prix abordable. Cette réglementation des parts constitue également une contribution à la mixité et vise à garantir des quartiers vivants.
L’Union des villes suisses s’engage au niveau national en faveur d’une politique du logement urbaine et soutient les villes par des plateformes d’échange et des outils pour élaborer leur propre politique du logement.
La construction de logements en ville reste une tâche permanente et la pénurie ne peut pas être entièrement supprimée, car elle est aussi une expression de l’attractivité des villes. Les villes ont besoin de bonnes conditions-cadres afin de pouvoir utiliser leurs marges de manœuvre et ainsi continuer à contribuer à la force économique de la Suisse.
À propos de la personne : Marieke Kruit, maire de la ville de Berne et membre du comité de l’Union des villes suisses


